Compte-rendu de l'opération

 "Un collégien, un portable" 2003/2004


 

Ce sont les vacances de la Toussaint et aussi l'occasion de faire un premier bilan provisoire sur l'utilisation des ordinateurs portables cette année.

Il faut signaler tout d'abord que parmi les trois emplois jeunes qui géraient le matériel informatique dans le collège, deux ont trouvé du travail ailleurs et n'ont pas été remplacés. Seule, l'aide éducatrice affectée à la maintenance des portables reste en poste, d'où un premier problème qui en entraîne d'autres : ma collègue n'arrive qu'à 9 heures, or les cours commencent à 8 heures. En début de matinée, personne ne peut pas conséquent accueillir les élèves, ni les professeurs d'ailleurs, en cas de problème technique. De plus, jusqu'alors les vidéo projecteurs étaient conservés dans une pièce dont seule l'aide éducatrice avait la clé, nous ne pouvions utiliser ces appareils, avant 10h10, car la deuxième heure de cours commence vers 9h00 et le délai était trop bref pour faire entrer les élèves, emprunter, installer et brancher un vidéo projecteur qu'il fallait penser à éteindre avant la fin du cours de façon à ce que la lampe ait le temps de refroidir; ce qui nous faisait un temps réel d'utilisation de 30 minutes, dans le meilleur des cas. C'est dommage parce que le vidéo projecteur, contrairement à son frère le tableau interactif, a trouvé sa place dans notre pédagogie quotidienne et pas seulement avec les classes de 3ème. Une solution semble avoir été trouvée après de longues et intenses délibérations avec l'administration. Nous verrons bien à la rentrée...

Contrairement à l'an passé, des manuels numérisés ne sont plus disponibles dans certaines disciplines (anglais et espagnol me semble-t-il). Les éditeurs ne voient pas encore d'un très bon oeil ce nouveau support de travail, offert gracieusement l'an dernier. De fait, des collègues qui avaient réalisé des efforts considérables (rappelons que beaucoup sont partis d'une connaissance infime de l'outil informatique) pour préparer des séquences qui utilisaient l'ordinateur, sont aujourd'hui désappointés. Les élèves doivent donc apporter en classe l'ordinateur (3 kg sans les câbles) et des manuels. L'objectif d'alléger le poids du cartable n'est par conséquent pas atteint. A cela, il faut ajouter, certains jours le sac de sport et d autres accessoires comme les raquettes de badminton. Trois sacs au total sont nécessaires: un pour le portable qui ne rentre pas dans un sac à dos banal (j'ai dû faire l'acquisition d'un sac à dos spécial, assez cher, pour le protéger de la pluie), un autre pour les livres et les classeurs et un dernier pour le sport! Heureusement, les élèves ont des casiers à leur disposition. Ce qui m'inquiète le plus, c'est de les voir arriver au collège en scooter ou en vélo, chargés comme des mulets peu stables.

Bon assez râlé... Je passerai rapidement sur les problèmes techniques, habituels désormais en début d'année (connexion, imprimante, Internet) progressivement résolus par notre courageuse aide-éducatrice qui en est tombée malade (rien de grave je vous rassure, simple gastro). Ce vendredi là nous étions cependant tous bien désemparés.

Les abus de l'an passé ont été sanctionnés par diverses mesures : les élèves n'ont plus d'adresse émail, ce qui à mon sens est regrettable car leur usage pouvait être très profitable (questionnements, expédient face la timidité d'élèves...); les professeurs ont la possibilité de manière très facile et rapide d'accorder aux élèves l'accès à Internet; les communications entre  élèves par lignes de commande semblent être désormais impossibles.

La classe de 3ème dont j'ai la charge actuellement se compose de 21 élèves, enfin 21 en théorie, l'un d'eux souffre de phobie scolaire. Un effectif réduit donc et pas d'option du type latin-grec comme l'an passé. C'est une classe plutôt faible, certains ont des lacunes importants, quelques rares élèves sortent du lot. C'est vraiment intéressant pour moi de travailler avec deux classes si différentes.

La première séquence de l'année m'a permis de faire des rappels sur le récit à travers un groupement de textes, utilisés pour une grande part l'an dernier et grâce au traitement de texte, adaptés très facilement au niveau de la classe. Mais non, il n'y a pas que des inconvénients dans l'utilisation de l'informatique ! J'ai conservé la mise en page pour que les élèves s'y habituent (texte et questionnaire contenant des cases à remplir à la main, pour commencer l'année). La correction de l'évaluation finale a été prise sur l'ordinateur, de manière très satisfaisante. Les adolescents ont mis du temps, mais c'est bien fait. Ces premières heures, avec le portable, ont été l'occasion mettre en place des méthodes de travail : création d'un dossier par séquence, inscription systématique en en-tête du nom, du prénom et de la classe, les interdictions (pas de son, pas de fond écran, pas de cheval qui galope en guise de souris, pas de couleurs fantaisistes comme le rose et le jaune, des polices classiques...). Un élève a oublié plusieurs fois la clé de son cadenas et comme sanction n'a pas pu utiliser son portable pendant une semaine, sauf si un professeur en faisait la demande expresse à l'aide éducatrice qui, étant seule sur le collège pour régler les problèmes informatiques, ne se trouvait pas toujours à son bureau. Ce qui complique les choses; il fallait bien trouver une solution cependant; l'impossibilité unique de l'emporter à la maison aurait pu être une autre sanction, quoique nous donnions aussi du travail personnel à faire sur le portable, le soir. Pas de solution miracle pour l'instant. Ma collègue est souvent démunie face à l'insouciance et à la mauvaise foi des élèves qui n'ont jamais rien fait, ni rien installé sur leur portable qui pourtant , tiens c'est étrange ne fonctionne plus normalement ! En classe, quelques rares punitions tombent mais dans l'ensemble les élèves suivent les consignes données. L'expérience d'une année entière a clarifié mes attentes et m'a fait voir les écueils à éviter. La veille des vacances, une élève a laissé échapper un air "musical": enfer et damnation ! Rien n'est jamais acquis.

Au cours de la deuxième séquence qui portait sur l'étude du roman Le Vieux qui lisait des romans d'amour, les élèves ont été amenés à situer géographiquement le cadre de l'histoire grâce à l'atlas d'Encarta en particulier, après avoir repéré les noms de lieux dans le récit. Ils ont dû manipuler plusieurs supports, croisé les différentes informations. La recherche abordait également le problème de la déforestation de l Amazonie (utilisation d'Encarta et d'Universalis) avec un passage du discours explicatif au discours argumentatif. Comme l'an passé, les élèves se sont montrés actifs dans ce type d activité. Les cours ont été imprimés en couleurs au CDI. Ce qui leur a plu également, c'est la recherche des définitions des mots inconnus du premier chapitre, dans le Robert numérique. Le lexique était à apprendre pour l'évaluation finale. L'a-il été? En tout cas, je renouvellerai ce travail: les élèves ont eu l'air d'éprouver du plaisir à "manipuler" ce dictionnaire et les mots qu'il contient et cela ne peut qu'enrichir leur vocabulaire souvent pauvre. J'ai aussi utilisé le manuel numérisé de grammaire en alternant les exercices autocorrectifs et les autres. Cela a également bien fonctionné, si on oublie les lacunes abyssales d'une adolescente qui, malgré sa bonne volonté, ne comprend pas grand-chose à ce que nous faisons, ordinateur portable ou pas. Le contact avec le livre papier n'a pas été perdu puisqu à certains moments, j ai fait lire assez longuement les élèves à haute voix et que le volume était toujours présent en classe à côté des ordinateurs. En fin de séquence, les élèves ont essayé de répondre aux questions sur l Suvre étudiée proposées sur le site http://www.francite.net/education/cyberprof/page20.html ; cela a pris environ ¼ d heure, 19 élèves sur 20 se sont connectés à Internet sans problème, en cliquant sur le lien que j avais copié sur une page de mon site Argos (démonstration au passage des possibilités de ce site). Tout s est bien passé. Finalement, une heure m'a manqué pour achever comme je l'avais prévu ma séquence qui se trouve donc légèrement écourtée par la prise en main du portable, tant pis ! Ces élèves sont lents dans l'ensemble mais appliqués en classe, et pas désagréables; certains ne savent pas, je crois, ce que signifie apprendre une leçon, faire un travail personnel efficace. J'irai à leur rythme en visant l'essentiel...Ils ne sont qu'une vingtaine, cela portera peut-être ses fruits...;-).  

Janvier 2004

Divers problèmes rencontrés :

Ø      Allumage lent. Si l ordinateur est en veille, cela semble plus rapide mais les adolescents les laissent parfois un week-end entier en veille, et les ordinateurs ne semblent pas apprécier cela &

Ø      « Invasion des Martiens » (texte codé, carrés, ronds &3 élèves en seul cours !)

Ø      Pour ouvrir le Robert

Ø      Redémarrage intempestif de l ordinateur

Ø      Apparition d une fenêtre bleue

Ø      Tous les fichiers d un dossier s ouvrent en même temps alors qu on veut seulement en ouvrir un seul, ainsi au démarrage quand on clique sur Word, c est tous les programmes du bureau qui se lancent (et ils sont nombreux !)

Ø      Pour imprimer (mes conseils ne sont pas toujours suivis le plus souvent mais parfois je me retrouve totalement impuissante)

Ø      Disparition des icônes du bureau, deux redémarrage successifs, en vain, donc je fais reset bilan :  une élève en capacité de travailler seulement à 10h45 pour un début de cours normalement  à 10h10 après la récréation. Cinq bonnes minutes semblent nécessaires aux autres élèves pour s installer.

Ø      Pb de place sur le disque dur (espace réservé pour chaque élève sur le serveur = « mes documents » = 50 Mo), tout ce qui est personnel ne doit donc pas y être sauvegardé pour ne pas encombrer le serveur. Je fais enregistrer sur le bureau en attendant car il faut bien que chaque cours soit sauvegardé à la fin de l heure.

Ø      Des fichiers disparaissent au moment de la synchronisation & (serveur plein ???)

Ø      « J ai mon écran qui est tout noir », cela m arrive aussi parfois, on devine à peine les inscriptions, en redémarrant tout redevient normal & (par magie)

Les élèves semblent désormais repousser l ordinateur. Certaines  filles en particulier paniquent souvent : « ça m a tout effacé » alors qu il suffit généralement d annuler les dernières actions. D autres plus emportées et agacées par mes reproches concernant leur utilisation du portable s insurgent : « J ai pas demandé à avoir l ordinateur ! » rejetant sur autrui les conséquences de leur maladresse et de leur refus d appliquer les consignes. Ah l hypersensibilité des adolescentes. Les têtes en l air - volontaire, inconscientes ?  font encore rage : « J ai oublié mon portale en physique ». L attrait pour la machine paraît avoir disparu. Les sacs sont très lourds, j ai pour ma part un sac à dos qui contient chaque jour l ordinateur et ses câbles, les manuels des 6ème et des 4èmes, mon classeur, quelques stylos & Tout cela est pesant et encombrant ; comme je suis de petite taille, mon sac me fait ressembler à une tortue ou un escargot portant sa maison sur son dos !

J ai travaillé sur les récits de vie, la poésie lyrique, la poésie engagée et sur l autoportrait, avec le manuel numérisé cette année encore pour l intérêt des reproductions picturales. Pas manque de temps pour l installer, je n ai pas utilisé le vidéo projecteur. Les encyclopédies numériques sont régulièrement consultées pour des recherches (sur les vanités, le mot confession). L élaboration des fiches brevet (mémo) a débuté. Je fais souvent utiliser le manuel des outils de la langue mais il comporte des défauts, n est pas toujours fiable, car parfois plusieurs réponses sont possibles que seul le jugement humain peut valider. La technique révèle ses limites d où la déception des élèves face aux exercices auto-corrigés. La fiche bilan de lecture à faire pendant les vacances de Noël sur le recueil Paroles de Prévert semble avoir beaucoup plu aux élèves et m a permis de leur faire tenir un LIVRE entre les mains ! J éprouve des difficultés à mener à bien des lectures cursives ; cela est l un de mes points fables mais l utilisation du portable ralentit les cours, il faut bien l avouer et les comptes-rendus oraux  préférables aux fiches de lecture écrites à mon sens  - gêneraient encore la progression annuelle. A méditer &  Tous les cours sont imprimés au fur et à mesure, c est-à-dire les textes et les questions qui les suivent. Il serait peut-être préférable de n imprimer que les fiches brevet & pour des raisons d économie (papier et encre des imprimantes laser). Je ne crois pas que les élèves soient capables d apprendre sur un écran d ordinateur, il m est déjà pénible de me relire sans imprimer ! Dans le cas de la lecture d image qui nécessite la présence constante de l image sur l écran de l ordinateur, les élèves saisissent le cours à la main ; c est le seul cas.

Février 2004

La nouvelle version de Synchron eyes est paraît-il moins contraignante et plus sûre que la précédente (ce n est plus la peine de modifier le nombre des couleurs de l affichage &) ; il faudrait que je l utilise avant la fin de l année ;-).  J arrive désormais à faire une séance par heure, en général. Je n allume pas toujours mon ordinateur, mes feuilles de préparation me suivent dans mes déplacements dans la classe. C est beaucoup plus pratique et je fais baisser les écrans des élèves pour qu il me regarde quand je leur parle ou que je leur adresse des consignes ou des reproches. Ma parole trouve alors un réel écho. Les résultats de mes élèves au brevet blanc sont insuffisants (17,50 sur 40 de moyenne pour la classe, seuls 6 élèves sur 20 dépassent le 20 sur 40). Cela m inquiète. Leurs réponses ne sont pas rédigées ou montrent qu ils ne connaissent pas le sens des mots de base de l analyse littéraire ou des outils de la langue. Aucun travail particulier ne semble avoir été fourni par une majorité des élèves pour préparer ce brevet blanc. Les lacunes demeurent ; que faire ? Les élèves, sauf exceptions, ignorent ce que représente un travail intense et efficace. Ces résultats vont-ils leur ouvrir les yeux ? Y a-t-il eu abus du portable, perçu comme support ludique et non pédagogique ?

Mars 2004

Après une phase de découragement tout au long du deuxième trimestre, je tente de nouvelles expériences. Mon poste sera supprimé à la rentrée prochaine. Je dois donc profiter au maximum de ces derniers mois pour trouver de nouvelles pistes, dans l éventualité d un nouveau poste en lycée.

Dans le cadre de la semaine de la presse, j ai réussi à présenter aux élèves, par vidéo projecteur, le début du journal du soir du vendredi 12 mars, sur France 3. L acquisition n a pas été une mince affaire mais le résultat m a satisfait pleinement et l étude de l image animée a pris une toute autre dimension (au sens propre comme au sens figuré). Les élèves de 3ème réalisent donc maintenant un JT (lecture de la presse, rédaction des textes, prises de vues, montage commencé avec eux sur vidéo projecteur, avec un travail intéressant sur le doublage français/anglais  le reportage de départ présentait un micro-trottoir à Madrid au moment des attentats et les élèves s en sont inspiré).

Avec les 4èmes, je travaille sur la production d un (faux) journal radiophonique et là encore,  j ai pu faire écouter et réécouter phrase par phrase le sommaire (riche en connecteurs, en verbes variés &) du journal du soir de France Inter du dimanche 14 mars, enregistré sur Internet. Le format est tout de suite du mp3 (enregistrement réalisé avec Audacity) ; c est très pratique  - habituellement j utilisais des cassettes audio) et très formateur pour les élèves. Les six journaux produits par les élèves seront mis à leur disposition sur un cd à la rentrée des vacances.

D autre part, j ai finalement lancé l application Synchroneyes, avec beaucoup de plaisir et de succès. De mon bureau, je peux surveiller l évolution du travail des élèves mais outre ce contrôle, j ai également la possibilité de montrer aux autres, l écran de l un de leurs camarades sur leur propre ordinateur : effet de surprise garanti ! Toute la classe émet alors un avis sur la production et propose éventuellement une correction, des améliorations. Voilà un véritable travail interactif.

Pour la fin de l année, le travail a porté sur l étude de Zadig et d Antigone. Comme toujours les élèves ont pu faire des recherches sur les auteurs, les Suvres, informations qu ils ont utilisées souvent très justement dans leurs propres analyses. Certes, il a fallu encore expliquer le manque d intérêt du pur copier-coller à deux élèves qui s approprient sans vergogne les textes trouvés sur Internet sans citer la source & La notion de droits d auteur fait aussi partie de leur apprentissage. Le plus enrichissant a été la recherche sur les Talibans (dictionnaire le Robert, Encarta &.) et la situation géographique de l Afghanistan (Atlas) suite à la projection au cinéma du film Osama. J ai à nouveau mis à leur disposition les mots-croisés sur le thème de la tragédie, élaborés l an passé avec Hotpotatoes. En vue du brevet, les élèves les plus avancés ont créé des fiches de révisions, complétées très aisément grâce au traitement de texte.

Voici une fiche bilan personnelle, élaborée conjointement avec une collègue enseignant les mathématiques, de l utilisation sur deux années consécutives des ordinateurs portables.

 

Inconvénients:

  • Temps de mise en route et d arrêt des portables estimé 10 minutes, sachant qu une séance dure 55 minutes. Ceci pourrait être réglé si les élèves de troisième disposaient de leur salle.
  • L installation et désinstallation des vidéoprojecteurs mobiles dans les salles de classe prennent du temps et sont peu aisées. Ce problème serait résolu si ce type d installation était fixe.
  • Matériel informatique parfois oublié ou détérioré par les élèves (câbles). 
  • Les pannes sont fréquentes, souvent dues à un mauvais usage des élèves. Ils commettent des erreurs,  certains par manque de confiance en eux et d autres par excès de confiance en leur capacité à gérer la machine. La présence au sein de l établissement d au moins une personne spécialiste en maintenance des réseaux informatiques est indispensable.
  • Nouvelles possibilités de transgresser les règles (inattention de l élève en classe, accès aux sites Internet &), tentantes et faciles à mettre en Suvre. L équipe éducative doit développer une vigilance spécifique et poser un cadre strict d utilisation de l informatique.
  • Les élèves en grande difficulté profitent peu de l outil informatique pour progresser. C est un outil supplémentaire à gérer. La vitesse d exécution est variable selon les élèves, ce phénomène est accentué par l utilisation de la machine.  
  • Certains élèves ont besoin d écrire les cours pour les assimiler. L usage de l informatique leur supprime cette possibilité ou allonge leur temps de travail.
  • Fatigue visuelle pour certains. Fatigue sonore (les baies de brassage installées en fond de salle peuvent être très bruyantes).
  • Poids et encombrement des portables importants.
  • La masse de documents disponibles rend difficile la sélection de ce qui doit être imprimé. Cette impression a de toute façon un coût non négligeable pour l établissement.
  • Suppression, à la rentrée 2004, des manuels numérisés résidant dans les ordinateurs. Les licences associées à ces manuels permettaient d exploiter, de façon légale, les documents qu ils contenaient (textes récents, images). Cette exploitation étant illégale sur Internet en l absence de paiement de droits d auteur, les enseignants n ont plus de sources documentaires numériques pour travailler.
  • Investissement en temps important pour les enseignants, surtout pour les débutants en informatique. Investissement éventuellement rentable sur le long terme. Mais les outils informatiques disponibles (logiciels, manuels numérisés) variant trop d une année sur l autre et selon les établissements, cet investissement peut être ressenti par les enseignants comme non rentable.

 

 

Avantages:

  • Formation des enseignants à l outil informatique, couramment utilisé au quotidien dans la société et peu par le corps enseignant jusqu à maintenant.
  • Possibilité de rendre les élèves réellement actifs, à l aide de fiches de travaux pratiques. Apprentissage de l autonomie et développement de compétences autres que disciplinaires.
  • Changement de la relation apprenant-enseignant. Le dialogue est facilité. L enseignant n est plus l unique détenteur du savoir, seul, face au groupe classe. Il est là pour aider l élève à organiser sa réflexion, au sein d une relation individualisée.
  • Les élèves sont encouragés à rendre un travail soigné, approfondi. Ils hésitent moins à revenir sur leur production. L emploi de l informatique lors des exercices les incite à la rigueur car leurs erreurs sont immédiatement mises en évidence.
  • Les élèves les plus brillants trouvent une satisfaction intellectuelle et s ennuient moins. Ils peuvent satisfaire leur curiosité grâce aux outils variés mis à leur disposition.
  • Intégration plus aisée des élèves handicapés.
  • Possibilité d utiliser plusieurs sources de documents (encyclopédies, dictionnaires, &), ces sources n étant pas forcément disponibles dans les familles.
  • Possibilité de diffuser des documents grâce au réseau sans se soucier du coût des photocopies, qui est traditionnellement un obstacle. Les élèves ont à leur disposition des documents propres et complets.
  • Possibilité pour l enseignant de projeter n importe quelle production (cours, images, exercices scannés des élèves ...). Le visuel est important pour l apprentissage. Possibilité de projeter des énoncés, les élèves venant compléter au tableau (gain de temps). Le scanner et un logiciel de type Synchroneyes (logiciel spécifique d interactivité professeur-élèves) permettent de présenter à l ensemble de la classe la production d un élève.
  • Renouvelle et facilite la communication au sein de l équipe pédagogique.
  • Mutualisation des documents et des expériences.
  • Usage de la messagerie pour la communication parents-professeurs-élèves-administration.

 

Pour conclure, je dirais que c est avec une peine certaine que j ai dû rendre mon ordinateur portable car suite à la suppression de mon poste, je viens d être mutée en lycée. Je me sens aujourd hui un peu égarée, c était mon outil de travail, mon ouverture sur le monde par le biais notamment des listes de diffusion. Je ne travaillais plus seule dans mon coin isolé du Sud-Ouest. J avais l impression de faire partie d une communauté qui avait les mêmes aspirations et soucis que moi. J ai beaucoup aimé travailler avec cette technologie, d une part, pour la préparation de mes cours - presque tous rédigés maintenant sous traitement de texte et facilement consultables et réutilisables tels quels ou plus souvent adaptés à la classe du moment-, du point de vue, d autre part, de la relation aux élèves, adolescents réservés, émotifs et peu enclins à l effort habituellement. Professeur, aides-éducateurs, élèves, parents, nous avons tous été dans la même galère (née de l informatique ou pas) et des liens étroits se sont créés autour de l ordinateur.

Je regrette que les impératifs économiques (pour ne pas dire politiques) n aient pas permis le plein développement de cette expérience. Je pense là en particulier aux manuels numériques. Pour finir, je remercie ici tout particulièrement les aides-éducateurs, souvent surchargés de travail et sans qui tout cela n aurait pu être possible.

 

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